Calais, la France et ses territoires perdus : esquisse d’une doctrine de résistance

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Quelle méthode de résistance serait à la fois plus efficace, plus légale et plus systématique ?

L’homme au fusil de Calais pourrait être poursuivi par la justice et a d’ores et déjà son avocat : Maître Collard. Courageuse, son attitude l’est sûrement. Mais quelle méthode de résistance serait à la fois plus efficace, plus légale et plus systématique ?

Il ne s’agit pas de déployer des bannières lors d’une énième manifestation. Il ne s’agit pas plus d’espérer d’un chef charismatique qu’il organise la lutte : l’attente de l’homme providentiel légitime l’inaction. En outre, l’organisation ne saurait être apparente et hiérarchique : elle serait aisément dissoute et réprimée car illégale, en plus d’être pesante et peu réactive. La solution passe à la fois par le haut – le vote souverainiste – et par le bas – la résistance au quotidien.
Il nous faut mener des actions limitées et réalistes, défensives et légitimes. À mi-chemin entre l’héroïsme romantique et la capitulation honteuse. Ce qu’il faut, c’est un état d’esprit défensif et solidaire. Un réflexe de groupe. Une structure horizontale, réticulaire et pragmatique. Pour reprendre une expression états-unienne : une « coalition des volontaires », qui entraînerait les plus frileux. Nous devons nous organiser à l’échelle de l’immeuble, de la rue, du quartier. Non pas chercher à frapper un grand coup, mais à nous défendre contre les multiples nuisances et agressions du quotidien : des racailles qui squattent une cage d’escalier, qui dépouillent des collégiens ou qui harcèlent nos filles. Des résidents qui descendent pour chasser des individus du hall d’entrée n’est pas un effort surhumain. Mais il est libérateur : l’individu isolé et apeuré réintègre le groupe pour défendre son territoire.
Il serait contre-productif de former des milices privées. Le « système » serait ravi de pouvoir dénoncer le retour des ligues fascistes. Votre « milice », ce sont vos voisins. Libre aux médias de présenter des pères et mères de famille comme des Waffen-SS. Le temps est venu de cesser de nous morfondre sur notre statut de victimes, sur notre impuissance à nous dresser contre un « système » tout-puissant qui, ô douleur, a la capacité de nous qualifier de « fascistes ». Paradoxalement, l’agressivité de nombreux « Français de papiers » est salutaire : les occasions de résister sont légion et sont autant d’occasions de crever l’abcès.
L’image de la doctrine guévariste des « focos » révolutionnaires est pertinente (créer « deux, trois, plusieurs Viêtnam »). Nos « foyers » auront non seulement pour vertu de pacifier nos territoires, mais ils enverront un message de fermeté à nos ennemis comme à nos dirigeants. Ni l’un ni l’autre ne pourront nous considérer comme des moutons marchant à l’abattoir. L’objectif n’est pas de reconquérir des quartiers (logique belliciste, irréaliste) mais d’endiguer la menace en constituant des môles de résistance à l’échelle locale. C’est seulement en offrant une opposition physique, même minimale, que nous pourrons enrayer la retraite.

by ILUMINATI
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